Nous arrivons Lauchar et moi , le 23 décembre à Phnom Penh, après un assez long voyage en avion avec une escale de 5 heures à Kuala Lumpur, en pleine nuit. L'arrivée à l'aéroport de Phnom Penh est en soi une aventure. On se dirige vers un comptoir, où pas moins de 9 agents nous attendent pour émettre mon visa de séjour au Cambodge. Ils se passent mon passeport d'une main à l'autre, l'un tamponne, l'autre observe ma photo, une autre colle une large étiquette, le visa en soi, puis le repasse à un autre agent, qui le retamponne, un autre encore, revérifie le tout. Un cirque! Je suis mon passeport des yeux, en longeant le comptoir. Lauchar est déjà passé, et attend avec le douanier qui lui me donnera enfin l'autorisation d'entrer au pays. Lauchar lui remets quelques billets US, le ton est donné!
Dès ma sortie de l'aéroport, je suis frappé par cet odeur typique de l'asie du sud est. Ça me rapelle le Vietnam. Un étrange mélange d'odeur de sauce au poisson, de diesel, de vidange en décomposition et de bouguinvillier en fleurs flotte dans l'air épais et humide. Ah oui, j'avais oublié, c'est ça l'asie du sud est. Des rues de terres battues s'élève un constant nuage de pouissière qui tourbilonne dans le sillon des (milliers) de motos, qui elles évoluent comme des banc de poissons dans la mer! Wow! Malgré la fatigue, j'ai le sourire au lèvres.
Premier choc, j'entends enfin Lauchar parler en cambodgien. Lui qui s'y refuse toujours à Montréal, là est il est volubile, et échange avec le chauffeur de sa mère qui est venu nous cueuillir à l'aéroport. En même temps, il me souligne au passage les points d'intérêt de la ville. L'architecture art déco de l'Université, un momument, un rond point, ah regardes ils sont 5 sur une moto!
La ville est un véritable champ de construction et Lauchar qui y est venu l'an dernier, note déjà de nouveaux édifices. Au moins 2 ou 3 tours de plus 20 étages sont en construction, sans compter les demeures "faramineusement" luxueuses du premier ministre Hunsen, qui semble toujours avoir une demeure en construction. Corruption, pourrait être le deuxième nom du Cambodge, j'y reviendrai. Un immense édifice tout neuf pourrait trôner au beau milieu de New York, architecture ultra moderne, mais il semble vide. C'est le nouveau ministère de la justice.
Nous traversons le pont des Japonais, qui passe au dessus tu Tonlé Sap, une des 4 rivières qui bordent Phnom Penh. Nous tournons et tout à coup, on se retrouve dans un petit quartier résidentiel qui pourrait être à Brossard. De jolies maisons toutes neuves, identiques l'une à l'autre, cordées en rangée. Nous arrivons enfin chez sa mère, et je suis ému de la voir accueillir Lauchar. Elle semble tellement heureuse de le voir, le prends dans ses bras, le touche beaucoup, le prend par la main. On voit bien au regard qu'elle pose sur lui qu'il est la prunelle de ses yeux! Elle m'acueuille aussi très gentiement, en me demandant de me sentir chez elle comme chez moi. Je suis l'ami de Lauchar et je serai très bien traité.
Nos deux premiers jours seront consacrés à la visite du Palais Impérial, du Musée National et d'au moins 2 marchés publics. Il fait chaud et humide. Mais c'est de la visite de luxe. Le chauffeur nous accompagne partout dans nos déplacements, nous laisse à la porte des édifices, et nous y attends patiemment. Mais juste faire les courses est excitant, tout y est si différent. Et puis, comme je me promène avec des cambodgiens, je ne vais pas exactement dans les coins des touristes.
Dire que Phnom Penh est charmante serait une vue de l'esprit. La ville est sale, il y a constamment une odeur de vidange qui flotte, l'architecture complètement bigarré, avec ici et là un édifice très moderne, entouré de presque bidonville. Et puis le traffic est chaotique. Mais tout de même, je suis sous le charme de ce chaos qui me paraît si exotique. Et puis c'est si drôle de voir Lauchar s'exprimer en kmher. Ici et là, on ne le croit pas cambodgien, son tain est sûrement trop pâle, et il parle khmer mais un khmer rudimentaire, et on fera souvent des blagues à propos des expressions qu'il n'utilise pas toujours de la bonne manière. Comme il est cambodgien, en théorie, l'entrée de tous les monuments historiques est gratuit pour Lauchar. Mais il doit sans cesse se justifier, et montrer ses papiers d'identité. En regardant sa carte d'identité cambodgienne, une autre surprise, je vois qu'il a un autre nom cambodgien, que son père biologique lui avait donné. Avec ce garçon, on vogue de surprise en surprise!
Bref nous passerons 3 jours à nous promener dans Phnom Penh, lui et moi, avant de partir avec sa mère, l'associé de celle-ci, ainsi que l'amie de cet associé, vers Siem Reap. Je pourrai visiter Angkor Wat, et eux travailleront à l'ouverture d'un casino. Quel étrange équipage! Tout cela me semble par moment surréel, je suis aux anges.
Comme au Cambodge, on ne fête pas vraiment Noël, le 24 décembre, Lauchar et moi, irons manger seul ensemble, une très bonne fondue, genre soupe-repas. Les employés du restaurant ont des chapeux de Père Noël, c'est tout ce qui me rapelle les fêtes. Au restaurant, il y a toujours 2 ou 3 serveurs qui se tiennent debout à côté de nous, prêts à réagir à notre moindre demande. Aussi, ils gardent nos bières au froid sur glace, et nous servent dès le verre un peu vide. C'est étrange. Nous mangeons très très bien, crevettes, poisson, viande, et ça coûte genre 12 dollars. Dehors, sur une scène, un spectacle alterne un chanteur crooner cambodgien en toxedo blanc et des jeunes qui font duhip hop. Ils sont drôles. Lauchar et moi rions un peu de ce spectacle, ainsi que le serveur qui nous a vu rire et nous sourie du coin de l'oeil.